#TNM > compte rendu de la réunion du jeudi 19 septembre – Salle Espace à #Thiers.

Salle Espace à Thiers le 19/09/19 – 20h30.

Thiers nouveaux mondes ( TNM ) a réuni une cinquante de personnes autour de l’avenir de la piscine de Thiers le jeudi 19 septembre à la salle Espace.

Après une présentation de l’association par sa présidente, Karine Legrand, et un rappel des actions de Thiers Nouveaux Mondes par les bénévoles Brigitte Aptel, Jean-Francois Martin, Gérard De Vallée, l’indentification des axes de circulations intra muros, en faveur de la réouverture ligne ferroviaire Clermont / St Etienne / Lyon, la revitalisation du centre historique.

Le Maire de Thiers a acté unilatéralement la fermeture définitive de la piscine de proximité René Barnérias faute de financements extérieurs. Cet équipement structurant a été ouvert en 1973 dans le quartier de la gare SNCF (ligne ferroviaire Clermont-Ferrand/St Etienne /Lyon), à proximité du cœur de ville pour renforcer les équipements sportifs de la cité scolaire du Pontel (2000 élèves) fréquentée à pied par 1300 scolaires afin de favoriser l’apprentissage de la natation, tout en évitant les pertes de temps et des coûts de transports. Après entretien avec le Président de TDM le 20 juillet 2019, nous avons eu la confirmation que le vote pour le transfert de la piscine a eu lieu le 15 février 2018 à l’unanimité moins 10 abstentions.

Ce vote s’est basé sur la foi d’une étude de quatre sites proposés par la ville de Thiers. Cette étude ne comprenait aucune étude de marché ou de faisabilité technique du projet, ni étude d’impact, sans étude de flux de la piscine existante, ni estimation détaillée du coût de réhabilitation de la piscine existante. Le Conseil Municipal de Thiers n’a par ailleurs jamais été consulté sur les sites d’implantation.

Outre le déni de démocratie, les bénévoles de TNM ont ensuite présenté à tour de rôle les arguments qui les ont conduits à dénoncer le projet de centre nautique « supracommunal » sur le site d’Iloa et à promouvoir en retour la rénovation de la piscine René Barnérias :

 L’aspect écologique :

  • La construction du centre nautique entrainera l’imperméabilisation irréversible et l’artificialisation des sols sur son aire d’implantation (12 413 m2) avec les conséquences sur la biodiversité, la nappe phréatique, la résilience face aux risques naturels, les cultures et le stockage du carbone atmosphérique, d’autant plus que le site retenu se trouve à proximité immédiate d’une zone Natura 2000 dans le cadre de la Trame Verte et Bleue de la confluence Dore Allier. Le risque avéré d’inondation n’a pas été pris suffisamment en considération, eu égard aux nombreux témoignages rencontrés qui ont vu la Dore inonder le terrain jusqu’à la route, avec l’exemple des inondations de 1943 et 1988. Le bilan carbone négatif impliquant l’usage systématique de la voiture ou de transport en commun. France Nature Environnement et Mr Cubizolle (chercheur au CNRS de St Etienne)  confirment nos propos.

L’aspect financier :

  • Le caractère sédimentaire des sols et la présence de la nappe phréatique de la Dore génère des phénomènes de sous-pression sur les fondations d’un bâtiment impliquant l’impossibilité de la vider. La prise en compte de cet aspect entraine un net surcoût du projet par rapport au devis initial : le montant prévisionnel du projet dépasse désormais les 12 millions d’euros, alors qu’il est possible de rénover une piscine pour près de moitié moins (exemple d’Ambert rénovée pour 6 millions d’euros).
  • Le coût de la mise à niveau de l’assainissement entre Iloa et Courty, à charge exclusive du contribuable Thiernois, n’apparait nulle part (environ 3 millions du 1km).
  • Les frais de fonctionnement, liés notamment aux frais de transport des habitants, des collégiens et lycéens sur site, n’ont pas non plus été pris en compte.
  • Par ailleurs, l’avenir du bâtiment actuel de la piscine Barnérias (affectation à un nouvel usage ? démolition ?) n’est absolument pas pris en compte et encore moins budgété. Ce bâtiment risque de devenir une friche supplémentaire, une de plus…
  • Une baisse du pouvoir d’achat pour 3/4 des habitants de l’interco. TDM désirant utiliser la piscine.

L’aspect sportif :

  • Karine Legrand expose les caractéristiques du bassin (2m à 3,8m de profondeur) de la piscine René Barnérias : unique dans le Puy de Dôme, sa profondeur permet la pratique de la plongée, de la natation synchronisée et du water-polo (lignes d’eau présente au fond du bassin. Au titre de ces deux dernières disciplines, olympiques, la piscine rénovée pourrait devenir un centre de préparation dans le cadre des JO de 2024 comme nous l’a indiqué la fédération français de Natation. Sa rénovation peut bénéficier à ce titre de subventions.

L’aspect social :

  • Le déplacement de la piscine à ILOA (14 km aller/retour depuis le centre-ville de Thiers) oblige les thiernois habitants en centre-ville à s’y rendre en voiture, à condition d’en avoir une, faute de transport en commun le samedi et dimanche. L’instauration d’une contribution transport évoquée par la majorité actuelle est une fausse piste en détournant cette contribution de son objet initial, couvrir les frais liés aux trajets domicile / travail.
  • Les partisans d’ILOA avancent que le projet de centre nautique à ILOA doit être un équipement intercommunal, puisque seuls 20% des utilisateurs de la piscine René Barnérias sont des Thiernois. Devant être un équipement intercommunal, cet équipement doit être en dehors de la ville centre pour être accessible au plus grand nombre.
    • Christophe Capron leur répond que la piscine soit un équipement intercommunal va de soi, et que la question soulevée n’est pas là. En revanche, il démonte sans appel l’argument de la facilité d’accès  l’étude détaillée des temps de trajet comparés entre les 30 communes de TDM et leurs 38 540 Habitants et les sites d’Iloa et du Pontel réalisée par ses soins. Seules les 956 habitants des deux communes de Dorat et Noailhat voient leur temps de trajet amélioré en cas de transfert de la piscine à Iloa. Si les temps de trajet sont équivalents pour 11 communes (dont Courpière et Puy Guillaume), l’implantation à ILOA pénalise 17 communes et leurs 19 396 habitants, auxquels il faut ajouter l’essentiel des 11 700 habitants de Thiers. La situation est similaire pour les élèves des établissements du secondaire de TDM : le temps de trajet est quasi-identique entre le Pontel et Iloa pour les collégiens de Puy Guillaume, la nouvelle implantation se fait au détriment des élèves scolarisés à la cité scolaire du Pontel : ceux-ci pouvaient se rendre à la piscine Barnérias à pieds, ils devront désormais obligatoirement prendre le bus, d’où un temps de pratique réduit pour eux et des surcoûts importants que la collectivité, donc le contribuable, devra prendre en charge.

L’aspect accessibilité :

  • Cette remise en état de la piscine Barnérias doit s’accompagner d’un aménagement urbain de ses environs, le point noir du site restant notamment la question du stationnement. Gérard de Vallée propose de créer un véritable parvis en contrebas de la gare. Celui-ci serait le véritable pivot entre la gare, le centre-ville la piscine et la cité scolaire du Pontel. Ce parvis permettrait d’accueillir à proximité un parc de stationnement végétalisé dans le petit vallon qui jouxte la route en contrebas. S’agissant de l’équipement d’un établissement scolaire et d’une route départementale, les travaux d’aménagements nécessaires pourront être pris en charge dans une forte proportion par la Région et le Département. Il est important par ailleurs de préserver un équipement important à proximité de la gare, cette présence étant une condition sine qua non pour obtenir la réouverture de la ligne SNCF Thiers St Etienne Lyon.

Eu égard aux arguments présentés, Thiers Nouveaux Monde demande la fin du projet actuel de centre nautique sur le site d’ILOA. Thiers Nouveaux Monde propose en retour la remise en état de la piscine René Barnérias, celle-ci serait dévolue à la pratique sportive et à l’apprentissage de la natation.

Le site d’ILOA pourra en revanche accueillir un bassin de baignade naturelle, à l’exemple de celui de Montagny-lès-Beaune près de Dijon, ou du lac des Sapins, dans les Monts du Beaujolais. Ce concept est apparu en Autriche dès la fin des années 1980 : il s’agit d’un vaste bassin (environ 5 000 m²) dévolue à la baignade et aux loisirs. Ce type d’aménagement est nettement moins couteux qu’une piscine classique, puisqu’il n’y a pas d’installations techniques de filtration et de traitement de l’eau, qui est assurée naturellement par un système de filtration de roseaux. Les piscines naturelles présentent également des frais de fonctionnement moindre, puisque l’entretien se limite à une tonte annuelle des roseaux. L’intégration paysagère de ce type d’aménagement respecte de plus le caractère de zone naturelle sauvegardée dévolue à ILOA.

Le débat qui a accompagné cette présentation a permis aux partisans et aux opposants du centre nautique d’ILOA, majoritaires dans la salle, de présenter librement leurs arguments et contre arguments.

Retrouvez la pétition en ligne sur “Sauver la piscine René Barnérias à Thiers.” :

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